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Le soleil et les hommes se sont couchés, Depuis des heures, on n’entend aucune voix. Seule, réveillée, sous mes couvertures cachées, Je rêve, je pense et je ne pense qu’à toi.
Le jour s’annonce par quelques faibles lueurs, Les gens commencent à se lever, pleins de joie Ils ont bien dormi, moi non, durant ces heures J’ai rêvé, j’ai pensé et je n’ai pensé qu’à toi.
En face de mon petit déjeuner attablée J’ignore ce que je mange et ce que je bois. J’ai faim, mais la nourriture ne m’a pas comblée Je dois rêver et penser, ne penser qu’à toi.
L’armoire ouverte, je lorgne mes habits Et me demande quoi porter: Daim ou soie? Les vêtements importent peu, ma seule lubie Est un rêve et une pensée, une pensée qui va à toi.
Coincée dans un de ces rudes embouteillages, J’entends les conducteurs klaxonner mille fois. Au contraire, moi, je ne sens aucune rage, Car je rêve, je pense et je ne pense qu’à toi.
Le campus grouille d’énergie et d’étudiants On me salue, je réponds par un geste adroit, Je blague, je voile mon impatience en riant, Je rêve et j’attends, je n’attends que toi.
En classe, un livre est ouvert devant mes regards Et le professeur explique comme il se doit, Pourtant je vague et ma concentration s’égare Vers un rêve, une pensée, pensée qui va droit à toi.
A la cantine, la liste du menu dans la main, Je décide puis change, j’ai l’embarras du choix Car tout ce que je désire suit un seul chemin, Je rêve et je demande, je ne demande que toi.
Un questionnaire d’examen posé sur la table, Dans la feuille des réponses, je me noie Soudain j’arrête et quelque chose m’accable Une pensée et un souvenir, un souvenir de toi.
Journée terminée, je retourne à ma voiture, Espoirs déchus, aux prises avec un grand désarroi, Je me console en affirmant que la vie est dure J’ai rêvé, j’ai voulu, mais je ne t’ai pas vu, toi.
Je mets le contact, accélère et fonce tout droit Je passe devant l’université, alors je t’aperçois, Je freine, je t’admire et tu me laisses coi Je rêverai, penserai et je ne penserai qu’à toi.
Volume de musique poussé au maximum, Je conduis et le bonheur m’a prise comme proie, Peu importe que j’aille à la maison ou à Rome, Je vais et viens, mais ma vraie destination, c’est toi.
De retour à la maison, j’essaie d’étudier Mais ton sourire me revient et me remplit d’émoi Je prends un crayon et un bout de papier Je pense et j’écris, je n’écris qu’à toi.
Dis-moi, au juste, depuis combien de mois Tu m’as prise en otage: un, deux ou trois? Dis-moi par quel inconnu droit et quelles lois Tu m’as volé le cœur et laissée dans le froid? Dis-moi pourquoi, devant toi, j’efface mon ‘moi’ Pourquoi tu me possèdes où que je sois? Dis-moi comment tu m’as retiré toute foi Comment, sur mes rêves, tu t’es posté roi? Dis-moi quel est, à ton avis, le véritable poids D’une passion qui naît immense mais s’accroît? Dis-moi que dois-je faire pour que tu me vois A tes yeux, suis-je invisible comme je le crois? Ce sentiment me rendra-t-il folle à louer? Soit! Dis-moi, si ce n’est pas l’amour, alors c’est quoi?
Je rêve et je pense, Amour pur, immense Qui m’a rendue en fait Un véritable poète!
Rita El Khoury
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Rita El Khoury
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Peter A. Crowther
(3/6/2005 11:49:00 AM) |
The end lines are very effective almost incantatory. Very good.
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