| |
Je déteste sa façon de marcher, Cette lenteur visiblement insouciante, Cette patience terriblement énervante, Qui sait comment me fâcher. Je hais sa manière de parler, Cette voix sensiblement féminine, Cette tonalité étrangement fine, Qui me donnent l’envie d’hurler. Je suis dégoûtée pas son rire, Cet éclat instinctivement horrible, Cette fausseté malheureusement incorrigible, Qui me fait infailliblement fuir. Je méprise son comportement, Ses réflexions rarement intéressantes, Ses actions parfaitement insignifiantes, Qui excitent toujours mes râlements.
Et pourtant, J’adore ses regards impitoyables, Ses yeux de fauve inapprivoisable, De sauvage affamé, insatiable, Leur lueur de combattant indéfiable. J’adore ses éclairs incomparables, Calmes, puissants, imperturbables, Froids, distants, impénétrables, Enragés, tempêtants, inapaisables. J’adore leur expression inexplicable, Leur chagrin tellement inconsolable, Leur tendresse sûrement indéniable, Et leur gaieté, leur joie impérissable.
Je n’aime en lui que ses yeux, Ils rendent tout son être précieux.
Aimer, c’est D’abord aimer l’autre A cause de ce qu’il est, Ensuite aimer cet autre En dépit de ce qu’il est.
Rita El Khoury
Read poems about / on: son
|
|
User Rating: |
|
--
/10 (0 votes) |
|
|
|