Treasure Island

Victor Marie Hugo

(26 February 1802 – 22 May 1885 / Besancon / France)

Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles


Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !

Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton coeur commencée
Dans mon coeur s'achevait !

Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !

Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon coeur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !

C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon coeur l'amour !

Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !

Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;

Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le coeur !

Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !

21 mai 1833

Submitted: Saturday, April 03, 2010

Do you like this poem?
0 person liked.
0 person did not like.

What do you think this poem is about?



Read this poem in other languages

This poem has not been translated into any other language yet.

I would like to translate this poem »

word flags

What do you think this poem is about?

Comments about this poem (Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles by Victor Marie Hugo )

Enter the verification code :

There is no comment submitted by members..

PoemHunter.com Updates

New Poems

  1. The Power Of Love!, Edward Kofi Louis
  2. It Is Quite Sad (Part 2), Ronell Warren Alman
  3. Bubble burst no home no trust, Nalini Chaturvedi
  4. You Are, Edward Kofi Louis
  5. Missing sky, gajanan mishra
  6. PARTNERS IN CRIME, Terry Collett
  7. Palace of death - this body, gajanan mishra
  8. Twelve Step Heaven, Joseph Narusiewicz
  9. Hardcastle Crags, Sylvia Plath
  10. Burning The Letters, Sylvia Plath

Poem of the Day

poet Robert Louis Stevenson

AT last she comes, O never more
In this dear patience of my pain
To leave me lonely as before,
Or leave my soul alone again.... Read complete »

   

Member Poem

Trend Poems

  1. 04 Tongues Made Of Glass, Shaun Shane
  2. Daffodils, William Wordsworth
  3. Still I Rise, Maya Angelou
  4. Dreams, Langston Hughes
  5. Invictus, William Ernest Henley
  6. The Power Of Music, Sukumar Ray
  7. I Know Why The Caged Bird Sings, Maya Angelou
  8. If, Rudyard Kipling
  9. The Road Not Taken, Robert Frost
  10. Annabel Lee, Edgar Allan Poe
[Hata Bildir]