Honorat de Beuil Seigneur de Racan

(1589-1670 / France)

Les Bergeries - Lucidas - Poem by Honorat de Beuil Seigneur de Racan

Et moi seul resterai-je en proie à la tristesse ?
Passerai-je sans fruit la fleur de ma jeunesse ?
Que me servent ces biens dont en toute saison
Le voisin envieux voit combler ma maison ?
Que me sert que mes blés soient l'honneur des campagnes ?
Que les vins à ruisseaux me coulent des montagnes ?
Ni que me sert de voir les meilleurs ménagers
Admirer mes jardins, mes parcs et mes vergers,
Où les arbres plantés d'une égale distance
Ne périssent jamais que dessous l'abondance ?
Ce n'est point en cela qu'est le contentement,
Tout se change ici bas de moment en moment,
Qui le pense trouver aux richesses du monde
Bâtit dessus le sable, ou grave dessus l'onde,
Ce n'est qu'un peu de vent que l'heur du genre humain,
Ce qu'on est aujourd'hui l'on ne l'est pas demain,
Rien n'est stable qu'au Ciel, le temps et la fortune
Règnent absolument au-dessous de la lune.


Comments about Les Bergeries - Lucidas by Honorat de Beuil Seigneur de Racan

There is no comment submitted by members..



Read this poem in other languages

This poem has not been translated into any other language yet.

I would like to translate this poem »

word flags

What do you think this poem is about?



Poem Submitted: Monday, November 26, 2012



[Report Error]