Tristan Corbiere

(1845-1875 / France)

À la mémoire de Zulma vierge folle hors barrière et d’un Louis - Poem by Tristan Corbiere

Elle était riche de vingt ans,
Moi j’étais jeune de vingt francs,
Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fonds perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps…

La lune a fait [un] trou dedans,
Rond comme un écu de cinq francs,
Par où passa notre fortune :
Vingt ans ! vingt francs !… et puis la lune !

– En monnaie – hélas – les vingt francs !
En monnaie aussi les vingt ans !
Toujours de trous en trous de lune,
Et de bourse en bourse commune…
– C’est à peu près même fortune !

– Je la trouvai – bien des printemps,
Bien des vingt ans, bien des vingt francs,
Bien des trous et bien de la lune
Après – Toujours vierge et vingt ans,
Et… colonelle à la Commune !

– Puis après : la chasse aux passants,
Aux vingt sols, et plus aux vingt francs…
Puis après : la fosse commune,
Nuit gratuite sans trou de lune.


Comments about À la mémoire de Zulma vierge folle hors barrière et d’un Louis by Tristan Corbiere

There is no comment submitted by members..



Read this poem in other languages

This poem has not been translated into any other language yet.

I would like to translate this poem »

word flags

What do you think this poem is about?



Poem Submitted: Monday, October 29, 2012



[Report Error]