Guillaume Apollinaire

(26 August 1880 – 9 November 1918 / Rome)

Les Doukhobors


Les Doukhobors, ô frères, mes frères lointains
Et la Mort qui n'existe pas est venue leur dire :
' Venez ! vous serez armés de sabres, de lances, de fusils,
Vous porterez des étendards, vous serez vêtus d'uniformes
Et vous tuerez des hommes
Si je vous le dis,
Car l'Empereur ne veut pas tuer d'hommes,
Lui ! '

Les Doukhobors, ô frères, mes frères lointains.
Ayant de tuer la volonté précise et touchante, innocente,
La volonté plus forte encor de résister
Pâles géants, Noëls altruistes et impies
Partirent et puis un jour voyant près d'eux
Héroïque et inerte Matvei Lebédeff
Les chevaux sauvages hennissent dans les steppes
On crie au loin, du milieu des steppes où l'on est libre.
Les Doukhobors
Aiguisèrent leurs épées claires
Faites pour fendre les chairs
Et se teinter de sang

Ils ont creusé le sol
Et le pétrole a jailli
Sur le jet de la source bleuâtre
Source d'enfer empuantie,
Ils ont jeté les fusils, les épées, les lances
Les idoles étendards que l'on a peur de perdre et qui flambent très bien,
Les Doukhobors las des patries
On fait flamber les étendards.
La Mort qui n'existe pas sonna la charge
Les cosaques chargèrent
Mais ils eurent peur d'en trop tuer
Et ce n'était pas fraternité

Les Doukhobors ô frères, mes frères lointains,
Menaçante la Mort qui n'existe pas leur dit :
' Vous me niez !
Tout meurt et tout est malade autour de moi
Vous me niez !
Je mourrai, (quand on meurt, je meurs)
Sur votre liberté
Et sur votre mensonge car je suis éternelle
Et vous n'aurez jamais la liberté réale
(Entre temps vous serez mes égaux et libres rien qu'en moi)
Que vous voulez mondiale. '

Les Doukhobors ; le soleil qui radiait
Dut paraître à leurs yeux extasiés
Espérant des remous
Océaniques
Des nations, là-bas, du côté d'Occident ou d'Amérique
Le cou tranché d'une tête immense, intelligente
Dont le bourreau n'osait montrer
La face et les yeux larges pétrifiés
À la foule ivre
Et quel sang, et quel sang t'éclabousse, ô monde
Sous ce cou tranché !

PARMI le tan et le plantain
Et les ruines légendaires
Chaque richard stavelotain
Ingurgitant diverses bières
Et comptant les jours révolus
En bon bourgeois songe aux affaires
Pour le reste ce sont mystères
Jusqu'au mariage c'est l'us
À Stavelot pas de putain
Le nu mérite les galères
Chère cache ce blanc tétin !
Et tous pourraient jeter pierres
Les jeunes gens sont impollus
Et des défunts célibataires
Sont encore puceaux dans leurs bières
Jusqu'au mariage c'est l'us.

Submitted: Wednesday, October 10, 2012

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