Dans la cour aujourd'hui il y a la pluie et les oiseaux.
Les oiseaux volent sous la pluie et crient
d'une autre manière que la pluie
et d'une autre manière qu'au printemps.
Octobre est là. Les vols d'oiseaux arrivent —
les rolliers et les merles —, ils sortent des sapins,
s'en détachent comme une apparition
et descendent sur les pommiers
— noirs, trempés —
ils picorent les pommes, vont bientôt repartir.
L'herbe verdoie encore, viendront encore des jours
hauts, des jours d'argent.
Puis tout deviendra gris
et silencieux comme la mort,
même les pins,
avec leurs cimes qui bougent dans la nuit,
leurs cimes à qui mon âme aime à se comparer.
Ô mon âme faite d'espoir,
laisse donc tout cela. Les pins sont immuables.
Ils sont comme la mer qui ne se tait jamais.
Ils ne sont pas comme toi,
herbe qui pousse et resplendit
et que l'on jettera demain au feu.
Tu regardes la pluie et les pommiers
et les oiseaux qui vont partir.
Tu les regardes, mon âme,
et tu ne les vois pas.
Parce que ton lot est d'espérer.
...
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