Lhomme qui s'assoit en face de toi
A l'air d'un gentleman tombé du ciel.
Sur l'herbe tiédie par un été pourri,
Il te cajole avec des paroles sans queue ni tête.
Et toi, tu murmures des âneries
Plus grosses que l'espace d'un ciel douteux
Avec son soleil bien faisandé.
Tu souris et de temps à autre tu rigoles.
Les éclats impurs de tes rires
Se répandent dans l'atmosphère honteuse
Et restent un bon moment,
Suspendus comme une musique
Envoûteuse sortant des voûtes des enfers.
Moi, derrière mon baobab secret,
Je vois bien ce stratagème
Qui me rend fou à lier les godasses.
Mon Dieu, aidez-moi, je suis perdu!
Ma langue ressemble à un bout de bois
Remuant dans ma bouche asséchée
Comme un asticot en délire
Et finit par se briser au fond du palais.
Je crache les fragments dans le récipient de ma peine.
La sueur qui dégouline
Dans une anarchie brûlante de mon front,
Se divise en des petits ruisseaux orphelins
Qui se perdent dans mes orteils.
Je ne vois plus rien, sauf cette agonie
Qui fonce sur moi comme un énergumène
Blanchâtre et tente d'arrêter mon cœur.
Je surnage du mieux que je puisse,
Mais ma peau me brûle
Et mon âme s'affaiblit.
Je meurs à petit feu, sans doute,
Même à grand feu.
Il ne reste encore mon nez
Pour respirer l'odeur du roussi.
Je dois ressembler à une dinde rôtie,
Il manque plus que des pommes de terre frites,
Un bon vin de Bordeaux et passer à table.
Dans le tunnel de la mort peut-on encore
Tenter le diable pour en sortir?
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