Maurice Rollinat

(1842-1888 / France)

La Cendre - Poem by Maurice Rollinat

De la sorte — parlant par la voix du Curé
La cendre de l’âtre interpelle
La chambrière antique à l’air dur et madré
Qui vient la prendre avec sa pelle :

« Épargne-moi donc, bonne vieille !
Ne va pas encore me noyer,
Laisse-moi dans ce grand foyer
Où si doucement je sommeille.

Tu ne verras pas rougeoyer
Toujours la lumière vermeille.
En terre obscure, à poudroyer,
Un jour, tu seras ma pareille.

Voici que ton âge succombe ;
Nous allons être sœurs ainsi :
Moi, je serai poussière ici,
Et toi, poussière dans la tombe. »

La vieille qui croit plus encor
À l’existence qu’à la mort,
Lui répond, tremblante et poussive :

« Poussière et cend’ ? tant q’tu voudras
Quand je n’blanchirai plus mes draps...
En attendant, fais ma lessive !

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Poem Submitted: Thursday, December 6, 2012



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