Pierre de Marbeuf


La liberté des champs fait décrire à Silvandre - Poem by Pierre de Marbeuf

Ne percez plus mon coeur, ô vanités serviles,
De vos soucis tranchants,
Éloigné de la Cour, je m'éloigne des villes
Pour approcher des champs.

Cet amour que j'y bois dedans l'oeil de Silvie
M'est plus délicieux,
Que ce que Jupiter pour nous donner envie
Dit qu'il boit dans les cieux.

Non, ces lieux où l'on dit que ce grand Dieu demeure
N'ont point tant de plaisirs,
Puisqu'il a cru qu'aux champs la place était meilleure
Pour flatter ses désirs.

On l'a vu dans les champs plusieurs fois se repaître
De quelque ébat nouveau,
Et chatouiller ses sens sous la forme champêtre
D'un cygne ou d'un taureau.

Pour le plaisir des champs si ce dieu s'est fait bête,
Doit-on à cette fois
Dire que j'ai banni la raison de ma tête,
Me faisant villageois ?

Tant de dieux qui jadis portaient une houlette
Ont voulu m'obliger,
Bien que je sois mortel, me donnant leur retraite,
De me faire berger.

Ô que j'aime les eaux, laissez-moi les rivages,
Ô beaux rivages verts :
Belle Seine, beaux prés, petits monts, bois sauvages,
Je vous donne mes vers.

Ô vers qui m'échappez sur le bord de la Seine,
Allez, suivez son cours,
Et dites aux Zéphyrs que je vous fais sans peine,
Et non point sans amours.

J'aime tant vos fraîcheurs, et j'aime tant vos ombres,
Ô prés, bois et zéphyrs,
Que je ferai le frais de vos mollesses sombres,
Témoins de mes plaisirs.

Zéphyrs, allez hâter ; allez baiser Silvie,
Que si j'en suis jaloux,
C'est que je ne peux pas, lors que j'en ai l'envie ;
La baiser comme vous.


Comments about La liberté des champs fait décrire à Silvandre by Pierre de Marbeuf

There is no comment submitted by members..



Read this poem in other languages

This poem has not been translated into any other language yet.

I would like to translate this poem »

word flags

What do you think this poem is about?



Poem Submitted: Friday, November 16, 2012

Poem Edited: Friday, November 16, 2012


[Report Error]