Tantôt violentes et tantôt affectueuses,
Parfois imperturbables et parfois houleuses,
N'étant pas soutenues par le fleuve malveillant
Les vagues cherchent à rejoindre l'océan.
Ô vagues d'autrefois, Ô vagues subséquentes
Vous paraissez être habitées par l'ignorance
De l'aspiration d'amour effervescent
Dans les poitrines agitées des jeunes gens!
Face à ces vagues multiples souvent, immenses
C'est à toi et à moi, à nous deux que je pense;
Je réfléchis aussi à ces lames en mouvements:
- D'où peuvent-ils provenir ces flots déferlants?
Je sais que du vent brutal naissent les vagues;
Mais le vent, je ne sais pas sa genèse opaque,
Et j'ignore même le moment et le jour
Où nous avions échangé le serment d'amour.
Ô vagues des alluvions des eaux profondes,
Vagues en surface de l'étendue des ondes,
Vous rêvassez aux accotements éloignés,
Et vous restez des jours et de nuits à veiller!
Malgré mes nuits blanches, je songe à toi, mon âme,
Dans mes rêves sans sommeil, je trouve le calme
Et du Nord au Sud, en tous lieux, je pense à toi,
Ainsi, je trouve la voie qui mène vers toi.
Au large, les vagues bondissent aux sillages;
Par centaines, par milliers du bruyant voyage,
Elles veulent atteindre les rivages lointains
En défiant tous les obstacles sur leur chemin.
La vie possède une durée sempiternelle,
Aux mois et aux années qui s'amoncellent,
Comme l'océan dans son espace concret,
Et les nuées volant à l'horizon secret.
Pourrais-je briser un jour ces grosses vagues
Pour en faire une centaine de fines vagues
Et au bout de l'océan d'amour éternel,
Je pourrais divertir ces flots continuels?
Xuan Quỳnh, Vietnamese poetess (1942-1988)
For more information see Wikipedia
Poem taken from a Vietnamese translation and put into French versification:
Alexandrians and flat rhymes by Marcel Moreau.
This poem has not been translated into any other language yet.
I would like to translate this poem