À Paris, je m'ennuie sans toi…
Mon cœur tagué mélancolie,
Ce spleen, sensible à l'asthénie,
Vidant l'incertitude en moi…
Je reviens parfois à ce bistro,
Devant un café sans éloquence
Sucré d'âcreté déplaisante
Rêvant au charme de tes mots.
Puis j'erre sur les boulevards,
Rues et les voies adjacentes
À l'enquête de l'évidence
Que je ne trouve nulle part.
Ces monuments étaient si beaux,
Aujourd'hui je les abomine
Dans la noirceur qui les domine
Et les hideurs de l'échafaud.
Gare de Lyon, mille piétons,
Foule pressée et alarmante
Comme des fourmis déroutantes,
Sous l'horloge sans carillon.
Gare Austerlitz, l'infect combat
Austère, bruyante et sauvage
Avale et vomit un breuvage
De monde, son continuel repas.
La pyramide sans attrait
Devant ce Louvre humeur flétrie
Ne partage guère l'envie
De voir Joconde aux tirets tirés.
Comme elle, j'ai les traits tirés
À remonter les champs Élysées,
Je me cramponne aux grands musées
Comme un mortel du Grand Palais.
A Paris, je m'ennuie sans toi
Du Champ de Mars à Notre Dame,
Tout est morne, tout me condamne
Et ce mois qui s'attache au choix:
« Novembre au sentiment cruel,
Tu veux me plonger dans le Seine!
Sur quel pont conserver la scène?
Sully, Saint-Louis ou Carrousel? »
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