À la radio, on parle du début de la deuxième guerre mondiale. Nous sommes assis autour de la table de la cuisine. Nous nettoyons des groseilles. À Berlin, les cache-fenêtres étaient prêts depuis longtemps. La radio grésille. Aux armes citoyens ! Nous avons voyagé dans le coin d'un wagon de marchandises. À la frontière, on nous a fait sortir. Vraiment, comme il est drôle d'être vivant. Les groseilles rouges brillent à la lumière de la lampe. L'été a été chaud et ensoleillé. Les groseilles sont très sucrées cette année, et celles-ci sont déjà bien mûres. Mais les écraser contre le palais procure un plaisir acide. La Pologne était très fière de sa cavalerie. J'imagine des chevaux blancs, seulement des chevaux blancs. Ça devrait suffire pour le sucre.Tjomnaïa notch, tolko pouli svistjat po stepi. La radio estonienne s'entend mal ici. Je tourne le bouton. Polonais, letton, russe, finnois. L'Estonie, c'est ici. Et aussi à l'est, au delà de la mer. À l'ouest, de l'autre côté, c'est la Suède, et l'île de Farö où habite Ingmar Bergman. Sur l'île d'Åland, il y a des villas où l'on écoute peut-être la même musique en ce moment. Ce craquement me dérange. J'éteins la radio. Les papillons de nuit se cognent contre la vitre. L'ampoule de cent watts dans la cuisine les attire de loin. La nuit est si chaude aujourd'hui, si douce, si paisible. Tout est calme dans les grands arbres. Calme dans les champs obscurs
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