Ce sont eux qui ont mutilé
Notre langue, notre doïna et notre carte!
Les mêmes qui de nos jours
Tracassent nos foyers de culture!
Les mêmes qui ont adultéré
Nos traditions si vilement!
Eux, qui sont en train de donner
Le coup de grâce à notre presse!
Eux, qui ont égorgé de belles
Eglises!
Eux, qui nous ont crucifiés
En '46!
Eux, qui nous ont mené vers la Sibérie
Le pistolet à la main!
Eux, qui nous ont enlevé d'abord
La vache, et puis le troupeau entier!
Eux, qui ont fait déporter les gens
Aux mines de sel de la Sibérie
Pour une poignée de roubles!
Eux, qui nous remodèlent
Sur de diverses enclumes!
Eux, qui ont permis que le tabac
Envahisse nos collines
Comme lors de la guerre
L'ennemi à coups de canon!
Eux, qui démarquent l'endroit
Sur le fécond terroir
Où l'usine s'étendra
Indécemment!
Eux, qui empoisonnent la terre
Et les sources, aussi.
Eux, qui n'hésitent pas à fusiller
Ceux qui réclament leur alphabet!
Eux, qui adulent l'étranger
Avec des raisins et des blagues!
Eux, qui disent 'zdrasti'
A leur propre mère!
Eux, qui affirment
Qu'Etienne le Grand nuit à l'harmonie urbaine!
Eux, qui nous ont menti à l'école
Qu'avant eux nous n'avions rien!
Eux, qui se guindèrent sur la bosse
De nos difformes patronymes
Pour proclamer qu'un grandieux avenir
Se dressait devant nous!
Eux, qui ne cessent de courrir
Entre nos tombes
La médaille aux dents, l'avantage,
Leur cage et tout, contents,
Tel le chien et son os!
Eux, trancheurs de frontières
Qui coupent la larme même!
Eux, méconnaissant la vergogne!
Crevez, fils de chiennes!
(Traduit par Paul Abucean)
This poem has not been translated into any other language yet.
I would like to translate this poem