Mon père voyage dans le train de nuit
Debout parmi les citadins silencieux sous la lumière jaunâtre
La banlieue défile sous ses yeux impassibles
Sa chemise et son bas sont trempés et son anorak noir
tombe en lambeaux. Ses yeux affaiblis par l'âge
Se perdent dans la nuit humide de la mousson.
Je peux le voir maintenant descendre du train
Comme un mot tombé d'une longue phrase.
Il se dépêche sur le quai gris,
Traverse le chemin de fer, rejoins la file
Ses chaussures sont boueuses, il s'empresse.
Rentré chez nous, je le vois boire du thé,
manger une galette froide, lire un livre.
Il va dans la salle de bain pour contempler
L'aliénation des hommes d'une société humaine.
En sortant il hésite au robinet,
L'eau froide coule sur ses mains brunes
Quelques gouttes s'accrochent aux poils gris de son poignet.
Ses enfants distants refusent souvent de partager
Leurs histoires et secrets avec lui. Il s'en va dormir
Ecoutant au grésillement de la radio, rêvant
De ses ancêtres et descendant, pensant
A des nomades rejoignant un continent par un chemin étroit.
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