Mes anciens compagnons de maquis s'étaient inventés
bien des manières de s'officialiser en tant que
nouvelle mouvance autoritaire. Ils s'empressèrent à devenir,
sous la coupole de l'uniforme, sous la fragrance sans bravoure
de leur képi de laine, des copies conformes des Anglais
qu'ils avaient autrefois combattus. Leur voix s'ajusta à l'orgueil nouvellement fomenté et la lyre de leurs chants traditionnels laissa place aux hurlements ignares de
grotesques brutes en uniforme. Leur dépersonnalisation s'opérait ainsi au même moment que leurs convictions fondaient, pour remplir la vase de la fonction et du statut militaire. Ils jouaient au lieutenant, ciraient leurs bottes, s'occasionnaient à
parfaire le personnage du petit soldat de plomb. Personnage qui
bientôt compétitionna contre leur psyché libertarienne. Bipolarité dangereuse pour ceux qui avaient autrefois le cœur pur et qui désormais observent une dissonance cognitive, qui se transforme en folie autocratique et meurtrière. La prophétie des Anglais se réalisa, en même temps que le traité prit acte de loi : les Irlandais se flingueront finalement bien entre eux, et le pouvoir de l'Empire sera décuplé, mais surtout plus insidieux qu'avant. Les Chemises Rouges l'emportèrent contre le chanvre authentique des visages de Dublin. En 1920. La guerre civile irlandaise et le Vent Se Lève.
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