Nous serons assis dans la même chambre à coucher,
en silence, chacun à son poste,
et nous nous enverrons d'abondantes
puis de bien maigres missives
via l'Internet.
A la fin, rien que des signatures
au bas des questions
Veux-tu du café, un thé, un baiser,
ou alors rien du tout.
Les écrans s'échaufferont et bourdonneront
de trop plein de mémoire accumulée
tout ce que nous avons laissé dans le couloir,
l'histoire qui raconte les débuts de notre mariage.
Pesant de tout notre corps pour graver
dans la blancheur de la glace comme jadis dans la neige
nous jouerons aux anges déchus
lourds d'un million de gigabits
à pulvériser le plus robuste des systèmes.
Ce qui survivra sera bleu
comme l'œil de la guillotine.*
Ce qui se mettra à parler
plancher, tables, chaises, cendriers
les uns et les autres donneront de la voix,
mais ce ne serait qu'un pâle emprunt
à ce qui fut notre intimité.
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